Ellesmerya


 
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 Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista

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Kyyuolä Faustÿn
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MessageSujet: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Dim 16 Mar - 20:25

Nom : Kyyuolä

Prénom : Faustÿn

Continent : Tellurista

Groupe : Telluristienne

Rang : Elémentaire

Caractéristiques physiques : Etant une Elémentaire, elle possède deux aspects physiques, le premier est celui de sa forme d’élémentaire (qu’elle prend rarement, désormais), et la deuxième est celle [plus ou moins] humaine.

*Elémentaire : C’est un basilic, ressemblant au serpent de légende, fort célèbre au demeurant. Cependant, les mythes ne s’accordent pas tous sur le point de son apparence, c’est pourquoi je vais vous décrire le Basilic Elémentaire d’Ellesmerya, le Protecteur de la Relique de Taaver. Malgré tout ces titres fort glorieux, cette créature reste pourtant un monstre, au premier sens du terme. Le voir signifie la mort immédiate, et ses yeux semblent à la fois vides de toute vie, et cependant, ils paraissent brûler d’un incendie démoniaque. Ils sont blancs, mais on peut en sentir l’ampleur de leur puissance maléfique. C’est la Mort elle-même que l’on peut voir dans ces globes oculaires, dans ces iris terrifiantes.
Son corps est celui d’un serpent démesuré, gigantesques anneaux, dont la teinte oscille entre le verdâtre et le brun, qui se déroulent lentement, qui vous donnent le temps d’angoisser, de sentir la sueur perler… Ses écailles à lui sont tout aussi poisseuses, mais elles le sont de venin, du terrible venin dont le Basilic est entièrement empli, dans la moindre once de sa carcasse gargantuesque. Ce poison, le plus vénéneux existant, suinte tout au long de cette peau reptilienne.
Enfin, sa dernière particularité, et non la moindre, sont ses ailes. Des ailes, que les légendes disent de coq, certaines de dragons. Elles se rapprocheraient plus des premières, bien que leur démesure leur rendit toute la majesté que les coqs n’ont pas. Une présence imposante, qui écrase d’autant plus lorsqu’elle sont dépliées, leur envergure atteignant 3 mètres de longueur, tandis que leurs plumes, de couleur grise, provoquent des courants d’air semblables à de minuscules tornades.
Son apparence toute entière effraie, et lorsqu’il se déplace en rampant lentement et inexorablement sur ses anneaux de plus de 5 mètres de long en tout, on comprend toute la portée du sens d’un “monstre”

*“Humaine” : J’ai placé ce terme entre guillemets. En effet, Faustÿn, lorsqu’elle prend sa forme humaine, ne pourrait cependant être confondue avec un banal ellesmeryen. Elle de taille un peu plus petite que la moyenne, environ 1m60, et pourrait paraître frêle sans les multiples jupes qu’elle porte. Elle se vêt presque toujours de violine et de noir. Son corset lacé devant met en valeur des formes qu’elle n’a pas, tandis que sa jupe paraît faite de mille lambeaux de tissus transparents, dans tous les dégradés de violet, passant du lavande au lie-de-vin, du parme le plus pâle au pourpre le plus soutenu.
Son aspect de Basilic se retrouve dans son enveloppe humaine en divers points. Tout d’abord, une paire d’ailes orne son dos délicat ; elles sont de petite envergure, et paraissent plus provenir de papillons que de dragons… et ne lui permettent pas de s’envoler. Sa peau est parcheminée, très pâle, légèrement ambrée et se fond avec ses yeux, de la même teinte. Elle a en effet conservé les mêmes iris que le monstre qu’elle est à l’origine : blancs, laiteux, perçants, sans limites nettes avec la pupille. Ils sont de plus cerclés de violet, comme si elle était maquillée ou cernés ; mais cette étrange marque lui est naturelle. Ses lèvres sont elles aussi décolorés ; cependant, on peut y discerner un rose très pâle, très incertain. Quant à sa chevelure, elle lui arrive à la taille et est aussi blanc cassé, comme un parchemin vieilli. Les cheveux paraissent être cassants, et pourtant, si d’aventure quelqu’un les touchait, il les trouverait anormalement lisses. Ils sont parsemés de quelques violettes, qui rappellent l’allure générale de Faustÿn.
En fait, dans l’ensemble, l’Elémentaire pourrait paraître fragile, notamment à cause de ses membres inhabituellement frêles, si ce n’était l’aura de puissance qui émane d’elle en permanence.



Caractéristiques Mentales : La mentalité de Faustÿn a quelque peu évolué en plusieurs milliers d’années… Cependant, aujourd’hui, elle a pris de l’assurance, et se sent plus sûre d’elle-même. Comme elle a vécu longtemps dans la solitude, puis avec une personne on ne peut plus taciturne, elle a appris à éprouver très fortement les sentiments tout en les dissimulant avec habileté. C’est pourquoi elle paraît toujours insensible, égale à elle-même, alors qu’en réalité, des tempêtes émotionnelles se livrent avec rage des combats incessants dans sa tête. Elle est également très instruite, notamment en ce qui concerne plantes et élixirs ; mais n’a aucun mérite à cela, ayant eu un excellent professeur et l’éternité pour apprendre, là où des humains n’ont qu’une dizaine d’années. Elle n’est pas habile en société, et est mal à l’aise avec tous les usages, car elle n’a pas l’habitude de fréquenter les hommes : le début des problèmes ellesmeryens correspond également à ses premiers pas en société. C’est pourquoi il lui arrivera sans aucun doute de faire des erreurs de convenance, sans même y prendre garde.
Elle sait en revanche être très hypocrite, trop même. Elle dissimule tellement les choses qu’elle en invente d’autres, et n’étant pas particulièrement philanthrope, cela ne la gêne nullement d’embrouiller des humains, surtout si c’est dans le but de les éloigner de la Pierre. Elle peut en revanche être très compréhensive, à condition d’avoir une grande affection pour son interlocuteur ; or pour l’instant, elle n’a jamais éprouvé d’affection que pour Xiku, et aimerait tant pouvoir le revoir un jour… ce sont ses pensées les plus sombres et les plus tumultueuses, mais également les plus secrètes : elle ne révèlera jamais à personne sa rencontre avec le mystérieux et inquiétant androgyne…
Ah, une dernière chose : il faut savoir, même si elle-même ne l’a pas encore découvert (même si ça ne saurait tarder) qu’elle est agoraphobe, phobie accentuée quand la présence de la foule est conjuguée avec un enfermement ou un ensoleillement excessif : on pourrait alors la décrire comme agoraclaustrophobe ou agoraphotophobe… Cela pourra encore plus nuire à ses problèmes de conduite en société.

Aime : La nature, les plantes, faire des élixirs, écrire dans son journal ou dans son livre de recettes, jouer la comédie devant des humains…

Aime pas
: La foule, surtout quand elle est conjuguée avec un violent soleil ou l’enfermement, la Relique (bien qu’elle dusse la protéger), la majorité des humains (en fait, elle nourrit à leur égard de l’exaspération face à l’arrogance, mais au fond, elle est quelque peu attendrie et les aime bien malgré elle, bien qu’elle refuse de l’admettre).

Arme Finale : C'est un bâton, un bâton fait de bois de rose, teint violine. Des ronces noires s'enroulent tout au long de l'arme, et au bout a éclot une fleur, une rose noire, semblant faite de pierre, qui ne peut jamais fâner : elle paraît faite de pierre. De plus, d'étranges et mystiques runes sont gravées, et resplendissent d'une légère lueur blanche, qui scintille et indique la teneur profonde en magie de cet antique bâton (Int+, Esp+, PM+). En revanche, comme il est de très grande taille (2m50), malgré son diamètre moyen (20 cm environ, soit la taille idéale pour une main assez petit), il est difficilement maniable et est encombrant (Déf-).

Histoire :
Bien longue est l’histoire d’une créature qui a déjà une ère entière derrière elle… Bien étrange est son commencement… Bien troubles sont ses souvenirs…
La couverture reliée de l’épais grimoire manuscrit s’ouvre, laisse entrevoir à son occasionnel lecteur une première page, la texture rugueuse du parchemin vieux de plusieurs millénaires. Dessus courent des lignes manuscrites, dont l’encre, pourtant aussi vieille, paraît ne jamais s’altérer… On croirait qu’il a été écrit hier…


La Genèse, la Conscience
Des étincelles. Des volutes de fumée. Un improbable flocon cotonneux. Une gerbe de flammèches. Une explosion aux sonorités assourdies. Ce sont les souvenirs qui me reviennent en vrac lorsque je tente de me remémorer cette création, plus qu’une naissance. Alors, je n’avais point encore de pensée humaine, je n’étais qu’un monstre, destiné à protéger. C’était au départ la seule notion que je possédais dans mon esprit obtus, l’unique que Taaver se soit donné la peine de m’octroyer ; en revanche il m’avait offert un corps hideux, d’une puissance incomparable, qui terroriserait suffisamment les humains, selon son avis pour La protéger. La Relique. Le but même de mon existence. L’unique raison pour laquelle ma présence est admise à la surface de cette terre. Mais je reviendrais sur cet aspect de mon existence plus tard, au court de ma prise de conscience. Car, au tout départ de ma vie, je n’étais rien d’autre que ce monstre aussi stupide que laid. Il est difficile aujourd’hui pour moi de décrire la manière que j’avais de ne pas penser, car cela ne peut se décrire avec des mots. Imaginez-vous simplement que je n’avais qu’une image en tête, celle de la Relique et de ses reflets chatoyants, dans toutes les teintes de verte. J’avais de puissants pouvoirs, mais ne les utilisait que de manière instinctive, aussi je n’étais pas au maximum de ma puissance. Taaver me plaça en compagnie de la Pierre en un endroit secret pour tous les autres ellesmeryens en Telluristia. En ce lieu, je m’abreuvais de l’aura de pouvoir de la Relique, j’en absorbais la puissance pour en faire mienne, sans jamais la tarir d’une once cependant.
C’est ainsi que, peu à peu, je gagnais une conscience. Ce fut long et surtout fastidieux. Je ne savais pas ce que je recherchais, car comme je vous l’ai dit, je n’étais capable d’aucune pensée quelconque, mais lentement, j’en vins à comprendre, à la manière d’un animal, des instincts principaux. J’adaptais des stratégies, que j’appliquais sur les proies dont je me nourrissais inévitablement. Bien entendu, il était pour moi d’une facilité déconcertante de tuer mes victimes : il suffisait qu’elles me regardent pour qu’elles succombent sur le coup. Cependant, les humains, et même certains animaux parmi les plus intelligents, parvenaient à me résister, car une légende courait sur moi dans la région (Taaver ne s’en souciait pas, car cet endroit était tellement isolé que personne d’autres que les habitants du village à proximité n’était au courant : ils n’avaient aucun contact avec le reste du pays, et les meurtres que je faisais restaient occasionnels) : il suffisait me faire regarder un miroir pour que je me détruise. Ou alors, ils parvenaient à fuir. S’ils étaient dans les bois, je ne pouvais en effet les rattraper, ma taille plus qu’imposante m’en empêchant. Mais si j’avais eu une forme plus passe-partout, moins suspecte, je pourrais peut-être donner la chasse plus facilement… Ce concept, qui n’était pas encore une idée au sens du terme, émergea dans mon esprit encore balourd, bien que j’ai appris à utiliser mes autres atouts, tels que mon venin ou mes pouvoirs magiques, de manière plus coordonnée.
Cette idée fut ce qui me permit de m’acheminer lentement vers le chemin de la Conscience. Lorsque mon esprit retrouvait ses instincts sauvages, je m’y accrochais comme un naufragé à sa planche de bois en pleine tempête. Ainsi, peu à peu, je la développais. Je compris également que je pouvais jouer avec mes victimes. Cette idée, très humaine par sa perversion, m’amena progressivement à la solution de mon premier problème : après de nombreux efforts désordonnés et incohérents, par hasard, je ne sais trop de quelle manière avec exactitude, je réussis à prendre une silhouette humaine. Ce fut un déclic, comme le code d’un verrou à 9 chiffres trouvé après de nombreux essais tout aussi aveugles qu’infructueux. Cette métamorphose ne fut, la première fois, qu’un fragile passage semi-inconscient d’une enveloppe charnelle à une autre, sans substance, qui vacilla comme une flamme exposée au vent hivernal. Je la quittai quelques secondes plus tard, mais avec un sentiment envahissant de réussite. Une sensation agréable, qui réchauffait ce qui me tenait alors lieu d’âme. Depuis ce jour béni, les expériences se renouvelèrent un bon nombre de fois, je parvenais à prendre possession de ce corps, venu de je ne sais où, de plus en plus rapidement et de plus en plus longtemps.
Jusqu’au jour où je pus m’y comporter comme un être normal. Je pouvais courir, sauter, parler, agir… J’étais encore quelque peu maladroite (car je découvris alors que j’étais de sexe féminin, ce qui me fut caché auparavant) de mes gestes, mais ce ne serait qu’une habitude à prendre.
Avec ce corps humain vint également la Conscience. On ne peut comprendre ce que ç’a été de ne pas en avoir que si on n’a été exactement dans le même cas. Pouvoir penser, construire des raisonnement, mêmes les plus simples, fut un réel soulagement, une source de bonheur et de supériorité immense. Malheureusement, quand on devient conscient, on réfléchit. On pense. Et l’inconvénient des pensées est qu’elle peuvent sombrer dans les abysses de la mélancolie. Telle la plus basique des adolescentes, je me suis posé des questions. D’où viens-je ? Quelle est ma raison de vivre ? Qui se préoccupe réellement de moi ? Car oui, même moi, le monstre, l’animal fabuleux, le Gardien Secret, avait besoin d’affection, allant de pair avec mon humanité. Or, jamais personne ne fut aussi solitaire que moi. C’est pourquoi retourner dans mon enveloppe d’origine se faisait parfois agréable : se laisser guider par les pensées les plus simples, dériver comme un bateau sur la mer la plus plates, même si je réfléchissais déjà plus qu’auparavant, à cause de ma nature de plus en plus humaine.
Ces questions que l’on pourrait qualifier d’existentielle me posaient en revanche un problème surdimensionné par rapport à ceux humains : en effet, lorsqu’on est une créature mythologique, qu’on n’a été créé que dans un but unique, et qu’on a l’éternité pour réfléchir, elles ont un impact autrement plus important que celles d’un adolescent boutonneux. C’est pourquoi je fus longtemps, très longtemps, cela se compte en milliers d’années, d’humeur instable, ne sachant pas mettre au profit l’éternité de vie qui m’était offerte pour protéger au mieux la Relique.

A la place de cela, je me torturais l’esprit, me morfondais dans ma profonde solitude, haïssant cette pierre que mon instinct même me commandait de protéger quoiqu’il m’en coûte. Les abîmes tumultueux de mon esprit informe et naissant m’avaient conditionnés à détester au premier regard la Relique. Cependant, il était arrivé, par deux fois, que l’on tentât de l’approcher, peut-être sans connaître sa présence, par la simple erreur d’un voyageur égaré ; en ces moments, j’avais retrouvé mon corps d’origine, mon enveloppe charnelle monstrueuse, sans même avoir le temps d’y réfléchir, et avait détruit aussi vite l’imprudent. Tout cela sans aucune pensée. Instinctivement. Je vous le dis, cette protection était ancrée en moi, comme un Pacte. Et cela me torturait. Chaque jour je haïssais un peu plus celle qui avait été la seule chose pour laquelle un monstre tel que moi fut admis sur Ellesmerya.
Cette prise de conscience fut très douloureuse pour moi, car s’accompagnant de nombreux doutes. Je devais trouver un moyen de résoudre cette instabilité psychologique, de peur de m’autodétruire. Le Serpent aurait mangé sa queue.[i]


Dernière édition par Kyyuolä Faustÿn le Mer 19 Mar - 23:47, édité 3 fois
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Kyyuolä Faustÿn
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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Dim 16 Mar - 20:26


Xiku Zyg :

Un jour, alors que j’étais plongé dans les volutes de mes noires pensées, je reçus une visite.

Cette phrase, par sa formulation, n’aurait du pouvoir être écrite. En effet, je détectais la moindre créature dans un très large périmètre, et détruisait celui-ci dès qu’il osait s’aventurer un peu trop près de ma cabane. Et pourtant…
Pourtant ils étaient là ! Les trois coups frappés à ma porte ! Avec assurance, mais sans arrogance. Energique retenue. Qui eurent le don de me faire sursauter. Je fis alors l’expérience d’un nouveau sentiment, inconnu jusque-là : la peur. Une peur violente et aussi soudaine qu’éphémère. Quelque soit la créature qui était parvenue à tromper ma vigilance, pour la première fois depuis plusieurs milliers d’années, elle ne pouvait me vaincre. J’étais invincible. Du moins me complaisais-je alors dans cette idée.
Je clamai donc, sûre de moi : “Entrez !”.

Et l’étrange visiteur entra.

Je n’aurais pu définir si c’était un homme ou une femme. Son androgynie était parfaite, paroxysme de la parité, apogée de l’incertitude. Ce fut le premier élément, et non le moindre, qui ajouta à mon malaise. Ses cheveux mi-longs et raides semblaient artificiels, couleur de lune, et leur teinte mystérieuse et effrayante se retrouvait également dans ses yeux. Ses yeux. De surprenantes iris nacrées, qui entouraient une pupille plus noire que l’ébène. Une pupille qui vous transperçait la moindre fibre de votre corps, tandis qu’au contraire, le lac argent qui les entouraient donnaient un regard vague et flou. Je ne parvenais à savoir si l’étranger me fixait ou était distant. Son regard arrivait à être à la fois distant et scrutateur. Effroyable paradoxe. Sa peau, quant à elle, était plus noire que le charbon. Mais je devais apprendre plus tardivement qu’elle resplendissait comme un cristal aux mille facette lorsqu’elle était exposée à la lumière solaire. Sa bouche n’exprimait strictement rien en cet instant, mais ses lèvres plus blanches que la neige immaculée étaient tout aussi désarçonnantes que le reste. Enfin, sa taille n’excédait pas 1 mètre.

Car c’était un enfant.

Un enfant. Je restai hébétée, à mi-chemin entre mon fauteuil et la position debout. Mes yeux fixaient cette bizarrerie de la nature. J’avais vu de nombreux humains. Même d’étranges créatures. Mais jamais aucune d’entre elles n’avait été semblable à celle qui se tenait, tranquillement debout, sur le pas de ma porte. Pour un peu, l’androgyne se serait appuyé nonchalamment sur l’encadrement de l’entrée de ma masure. Au bout d’un moment qui me parut être une éternité (mais qu’est-ce que l’éternité quand on y vit ?), de sa bouche enfantine sortir ces mots : “Je me nomme Xiku Zyg. Enchanté(e).” Sa voix était fluette et sourde à la fois.
Je sortis enfin de ma paralysie, me remémorant que j’étais censée être une créature mythologique protégeant l’objet le plus important à la surface d’Ellesmérya. Je répliquai, ne pouvant empêcher mes lèvres de trembler : “Qui es-tu ?”
« -Je viens de te le dire.
-Mais… cela ne m’avance en aucun cas !
-Que dire de plus ? avança le gamin en haussant négligemment ses frêles épaules.
-Hé bien… par exemple comment es-tu venu ici en passant outre ma surveillance ? Et pourquoi es-tu là ?
-Je voulais t’enseigner.
-M’enseigner ? A moi ? Alors que j’ai je ne sais combien de milliers d’années de plus que toi ! m’esclaffai-je, avec une assurance retrouvée.
-La sagesse ne se compte pas en nombre d’années. Le savoir encore moins. Et moi, je sais.
-Que diable sais-tu que je ne sache pas ?
-Bon nombre de choses. Je suis venu(e) ici dans le but de te distraire de tes moroses pensées, de te rappeler que ton identité n’est pas la question première.
-Quelle est-elle, alors ?
-Protéger au mieux la Relique.
-Oh je vois. Tu es envoyé par Taaver.
-Taaver est décédé voilà un grand nombre d’années. Mais tu te préoccupes de choses futiles. Ou plutôt, tu t’en préoccupes futilement. Humainement.
-Soit. Apprends-moi donc à me connaître.
-Très bien. »

Ebahie, je le fixai. Puis je haussai à mon tour les épaules. Après tout, j’avais besoin de compagnie. J’éluciderai plus tard ce qu’il (par défaut, je lui donnai le sexe masculin) était venu faire là. Il pouvait être un danger potentiel pour la Relique, mais à dire vrai, cela ne me dérangeait, et comme mon instinct destructeur ne m’ordonnait pas de le détruire, je n’en ferai strictement rien… pour l’instant.
Xiku me révéla qu’il connaissait les plantes. Qu’ici, en Tellurista, les élixirs étaient très importants. Or, comme j’étais l’Elémentaire de Tellurista, et que j’avais l’éternité pour apprendre, il pouvait être bon que je devinsse maître en ce domaine. Au départ, je dédaignais cette idée, refusant d’admettre que Xiku me fusse supérieur. Mais, progressivement, au rythme des longues conversations que nous eûmes tous deux, au cours desquelles il m’aida à m’accepter moi-même, je l’acceptais également. Malgré moi. Et puis, de fil en aiguille, nous sortîmes en forêt, il me montra les plantes. Elles abondaient dans ce lieu perdu de Tellurista, notamment les plus rares. Je les mémorisai rapidement, et de toute façon, j’avais tout le temps pour le faire. Au bout de quelques années, je fus forcée de me rendre compte que Xiku ne paraissait pas vieillir. Il avait donc peut-être également vécu de nombreuses années. Alors qu’un soir, je lui en parlais, un sourire énigmatique se fixa sur son visage. Je n’eus aucune réponse. Et jamais je n’en eus. Il restait très secret sur son identité, d’où il venait, qui il était, comment était-il venu au monde, etc… A chaque fois que je l’amenais discrètement sur ce terrain, Xiku se contentait de secouer doucement ses fins cheveux d’argent qui emprisonnaient les rayons lunaires tout en refermant ses noires paupières sur ses yeux nacrés. Et entamait un nouveau sujet de sa voix, grave et douce. Comme ce soir-là. Je m’en souviendrais toujours.
« -Au fait… Pourquoi n’as-tu pas de nom ?
-J’en ai de nombreux, pourtant : le Gardien, le Basilic, la Créature, l’Elémentaire… répondis-je, surprise par cette question incongrue.
-Non mais je veux dire : un vrai ! A toi ! Qui ne définisse pas ta nature. Celui que tu portes lorsque tu es humaine.
-Ah. Je suppose que l’on ne m’en a jamais donné, me rembrunis-je.
-Alors nous interrogerons les herbes », répliqua-t-il avec sérieux, en me fixant de ses yeux.
Sa subite résolution me surprit. Après tout, pourquoi pas. Comme il m’expliqua en s’affairant auprès des herbes que nous avions ramassées récemment, rangées sur les étagères, me trouver un nom serait une solution à mon problème d’identité. Car j’avais un problème avec ma personnalité humaine ; or tout humain se doit d’avoir son propre nom, pas celui d’un monstre. Qui plus est, étant Elémentaire de Tellurista, les herbes me baptiserait. Il prépara une potion, la première que je le vis réaliser. Jusque-là, nous n’avions fait que de la cueillette. Je le vis couper, mesurer, peser, évaluer, jeter, mélanger, diluer certaines herbes et quelques autres ingrédients qu’il sortit de son sac en toile. Puis, sans prévenir, il prit un de mes cheveux. Et le lança dans le chaudron qu’il avait improvisé à partir de l’une de mes plus grandes casseroles en cuivre, dont il tenait le manche pour la maintenir au-dessus du feu ronronnant. Puis il but le contenu.
Il s’affala dans un fauteuil, et ferma les yeux. Je paniquai soudainement, mais soudain, il se redressa et, sans ouvrir les yeux, un sourire satisfait effleura son visage, et il déclara : “Faustÿn Kyyuolä”. Puis ses yeux se rouvrirent, exprimant de l’autosatisfaction. Il n’y avait rien à ajouter. Après des milliers d’années de vie, j’avais un nom. Voilà qui n’était pas banal (si l’on peut qualifier le restant de mon existence de banal).

Quelques années plus tard encore, après qu’il eut commencé à m’enseigner la préparation d’élixirs, il me demanda si je savais à quoi je ressemblais physiquement. Désarçonnée encore une fois par sa question, à la fois étrange et anodine, je réalisais que non, je ne me connaissais pas extérieurement. Il est vrai qu’étant un Basilic, je ne pouvais me regarder dans un miroir. Mais, tout comme sous ma forme humaine je n’ai pas de pouvoir et la Relique ne peut me fournir d’énergie, il était probable que je n’avais pas les mêmes défauts. Un jour, après une de ses expéditions en solitaire, il me ramena un miroir, quelque peu fêlé, et me le colla devant la figure. Ce fut pour moi un choc que de me découvrir (cf description physique). Encore une fois, il semblait satisfait de lui-même. En effet, à chacune de ses actions, je m’acceptais plus, car je me connaissais plus. La personne dont on ignore le plus de choses est sans aucun doute soi-même, songeais-je alors.

Nous passâmes encore de nombreux siècles dans une vie commune. Le secret qui l’entourait avait fini par devenir une habitude, et je m’y était habituée. Ce n’était plus pour moi une source d’interrogations, je l’acceptais tel qu’il était, voilà tout. Puis un jour, il me déclara qu’il n’avait plus rien à m’apprendre, qu’enfin je me connaissais, que j’étais sans aucun doute l’élixirologue la plus versée à la surface de ce monde. Je pressentais ce que cela signifiait. Il allait me quitter. Lui, la seule personne avec laquelle j’avais instauré une relation d’affection et de confiance. Mais je savais que je ne pourrais le convaincre. Ce qui ne m’empêcha pas de le tenter. Il repoussa mes supplications en secouant la tête doucement, comme avec regret. Quand je lui demandai ce qu’il allait faire désormais, il haussa les épaules et répliqua simplement :

“Je sais ce que toi tu vas faire. Tu vas prendre deux livres vierges. Dans le premier, le plus gros, tu écriras le récit de ta longue vie, du début jusqu’à aujourd’hui même. Puis tu le poursuivras au jour le jour. Cela t’aidera, tu verras. Quant au deuxième… tu t’en serviras pour y reporter toutes les recette d’élixir que tu connais déjà et ceux que tu inventeras par la suite. A présent, je n’ai plus rien à te dire ou à t’apprendre. Sache que je te remercie profondément pour ces années passées avec toi et que cela m’attriste au plus au point de devoir partir. Mais je le dois. Adieu désormais.”

Ce furent les derniers mots que j’entendis de sa bouche. Il prit son sac en toile et repartit, par cette même porte d’où il était entré dans ma vie, plusieurs siècles auparavant. Et aujourd’hui, il repartait, identique à lui-même. Je tentai de lui courir après, comme de bien entendu… mais comme de bien entendu, il s’était évanoui dans la nature. Une brise caressa ma peau parcheminée. Et dérouta la larme qui creusait son sillon sur ma joue. Je restai là, immobile, je ne sais combien de temps au juste. Les jours, les nuits… que cela représente-t-il pour moi ? Puis je m’en retournai, lentement. Et j’écrivis sans relâche toute cette histoire. Jusqu’à maintenant. Je m’autorise à poser ma plume. Je me dégourdis les doigts. Je crois que je vais cueillir quelques plantes.

Deux heures plus tard : J’ai pris quelques colchiques. Leur poison ne me tuera pas, j’en suis certaine. Mais je n’essaierais pas. Je respecterais ses recommandations. Je suis parvenue à m’accepter, ce n’est pas le moment de réduire à néant ce qu’il m’a enseigné. Désormais je me consacrerais à la concoction d’élixir en tous genres.


Les pages suivantes rapportent des journées “ordinaires”, passées à cueillir des plantes, trouver des ingrédients, inventer des recettes, fabriquer les potions. Et, de temps à autre, une petite “sortie” dans la peau du Basilic.


Jour 1 de l’Aconit de l’an 1 : Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle ère. Du moins pour moi. Car depuis quelques temps déjà, j’avais remarqué quelques anomalies au sein de ma chère Nature. Certaines plantes parmi les plus rares périssent en effrayante quantité. Si ce dessèchement se poursuit à une telle allure, bientôt certains ingrédients disparaîtront définitivement de la surface de ce monde. Je suis quelque peu inquiète. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai pris un certain nombre de décisions. Tout d’abord, il faut que j’agisse afin de préserver la Nature, contre ce mystérieux mal, probablement du à l’activité humaine… ils sont tellement irresponsables ! Pour cela, il faudra bien que je sorte de ma cabane : je ne puis être utile isolée, malgré mes pouvoirs certains. Enfin, comme semble débuter pour moi, et peut-être à plus grande échelle, une nouvelle ère, celle de l’action, de la fin de la passivité, je commence un nouveau calendrier. En effet, je n’ai plus aucune notion du temps : l’éternité fait perdre toute proportionnalité. Donc il y aura 21 jours pour chacun des 21 mois d’une année. Ces mois seront nommés par les 21 principaux poisons. Cela me permettra de ne pas me perdre dans l’échelle humaine du temps.

Jour 15 de l’Aconit de l’an 1 : La situation empire : même certaines herbes à la constitution pourtant solides ont desséché de manière inhabituelle… Le plus inquiétant est que certaines herbes contribuent, par leurs essences notamment, à éloigner les monstres les plus dangereux. Or, dorénavant, le champ va bientôt être libre pour eux, si la dégradation se poursuit à cette allure. Il faudrait que je sache si le phénomène est isolé ou s’il s’étend à Telluristia, voire à Ellesmerya, bien que j’en doute. Cela serait vraiment étrange…

Jour 3 de la Belladone de l’an 1 : Je viens d’apprendre par le biais d’un villageois qui a osé me rendre visite (heureusement que depuis peu, j’arrive à me contrôler et à laisser approcher les humains…) pour obtenir un élixir afin de soigner sa femme, grièvement blessée par un monstre, que tout Telluristia s’inquiète. On cherche par tous les moyens comment contrôler ce phénomène, sans succès notable. L’affolement est quasi-général, et on a même ouï-dire que le monde entier serait plongé dans ce qui ressemblerait à un embryon de chaos. Il est vraiment temps que j’agisse, mais comment ? Il me faudrait contacter le chef de Telluristia…

Jour 4 de la Belladone : On pourrait croire qu’il est un monde où se rapprochent et se rencontrent les lointains esprits… J’ai reçu aujourd’hui même, aux aurores, la missive du nouveau chef de Telluristia. Après avoir offert un réconfortant à son émissaire, je le renvoie avec une courte réponse à l’adresse de Kira. Je vais faire aussi vite que possible, la situation, encore plus critique que je ne me l’imaginais, l’exige. Je vais prendre rapidement les affaires nécessaires et m’en aller. Je laisserais ici ce grimoire, je ne sais que vaguement ce que je peux rencontrer, ce sera ma première sortie en-dehors des abords de ma cabane située dans l’endroit le plus perdu de Feuliriv…

***


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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Dim 16 Mar - 21:59

Oh, fiche bien sympathique, bien écrite, bien longue xD
Nan mais c'est agréable à lire et ça colle bien à l'histoire, donc tu es acceptée
[sans blague]
Et maintenant, attendons la suite !
(j'ai répondu au mp)

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Dim 16 Mar - 22:04

Bah écoute tu sais bien ce que j'en pense ^^, c'est encore et toujours très bien ! La seule question que je me pose, je te l'ai envoyé par MP donc voilà, j'attends juste ta réponse...
Comme l'a dit Ryota, tu es acceptée sans problèmes. Si peut-être Nakytya sera pas contente XD (pourquoi ? parce que c'est une flemmarde XD, il a dit que c'était déjà trop long ^^"... Mais tu changes rien c'est très bien ! )
En plus, c'est impossible de refuser la personne qui nous a fait notre belle légende Wink !

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Lun 17 Mar - 1:37

¤¤ tombe de sa chaise ¤¤


Ps : c'était quoi les MPPPPPPPPPPs, pourquoi on ne m'en envoie pas à moi ???

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Lun 17 Mar - 21:30

MDR XD

*redresse Narkytya tant bien que mal*

C'est en rapport avec son histoire. Je suis le chef de son continent ^.^

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Mer 19 Mar - 23:55

Désolée, chuis obligée de re-poster pour le test rp :
Citation :
La longueur de votre message dépasse la limite autorisée.
Test Rp :

Les flammes se contorsionnaient en une étrange danse, infinie et sans suite. Faustÿn les suivait machinalement de ses yeux, plus inexpressifs que jamais. Ils étaient dans le vague, ils étaient dans la forêt, ils songeaient à la flore qui dépérissait, tandis qu’elle restait là, plus impuissante qu’il n’aurait du être permis. L’Elémentaire avait une réelle affection pour ces herbes, ces fleurs, ces plantes. Et les voilà qui agonisaient lentement, prises d’un mal mystérieux. Oui, il fallait agir. Si seulement on lui avait dit de quelle manière… Si seulement Xiku n’était pas parti… Non ! Elle secoua brusquement la tête : ce n’était certes pas le moment de remuer de sombres pensées. Elle enverrait une missive au chef telluristien, et attendrait ses ordres. Point.
Au même instant… trois coups furent frappés à la porte. Son cœur bondit dans sa poitrine ! Ces coups… lui évoquaient ceux de Xiku, plusieurs siècles auparavant. Non, c’était impossible… et si ? Mais non. Lorsque, le cœur palpitant, elle entrouvrit la porte de chêne, c’était un jeune homme, on ne pouvait plus humain, observait avec appréhension la silhouette diaphane de Faustÿn. Celle-ci se força à étirer ses pâles lèvres en un sourire crispé, parodique grimace d’une gaieté inexistante. Sans un mot, elle s’effaça et lui fit signe d’entrer. Voyant qu’il demeurait sur le seuil de l’entrée, elle le salua à voix haute, tentant de paraître le plus chaleureuse possible… évidemment, cet essai se solda par un échec, mais au moins, il passa sous le linteau décoré de fleurs sauvages et elle put refermer la porte. Après cela, l’élixirologue lui désigna du menton l’un des deux confortables fauteuils proches de la cheminée où un feu ronronnait. Ce coup-ci, il n’hésita pas et se laissa tomber, sacrifiant aux convenances. Il paraissait fatigué, que dis-je, exténué, ce qui encouragea Faustÿn, malgré son manque de pratique en relations humaines, à lui demander s’il avait eut du mal à venir ici.
« - Du mal ? répliqua-t-il avec un sourire amer
-Avez-vous été attaqué ? s’inquiéta-t-elle.
-Oh oui, à plusieurs reprises. Mes compagnons sont aujourd’hui sûrement digérés par d’affreux monstres que jamais je n’aurais vu en cauchemar.
-Oh. Désolée, fit-elle, gênée. Puis, après une longue pause : et pourquoi avez-vous entreprit un si périlleux voyage ? Venez-vous de loin ?
-C’est le moins qu’on puisse dire. (Il se redressa autant que sa fatigue le lui permit) Je suis l’envoyé officiel de notre chef de Telluristia, le grand Kira Ryota, afin de vous délivrer un message, déclara-t-il le plus pompeusement possible.
-Vraiment ? s’exclama Faustÿn, ravie et surprise. Je comptais justement lui rendre visite, ou du moins le contacter. Et bien, donnez-moi donc ce message ! »
Avec un empressement fébrile, le jeune homme tira d’une de ses nombreuses poches une missive, quelque peu froissée, marquée du sceau des dirigeants telluristiens. Elle le décacheta avec impatience, et le parcourut avidement :

« Cher ami,
En vérité, quel est votre nom? Avec tout mon respect, je l'ignore, mais je souhaite m'entretenir avec vous. Je me présente tout d'abord, je suis Kira Ryota, chef de notre pays et continent Telluristia. J'ai eu vent de vos capacités, vous, elixirologues de génération en génération. Je vous fait passer ce message, ayant digne confiance en mes messagers qui, pour sûr, sauront vous trouver. Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, notre chère Nature périt, et la paix à laquelle nous aspirons tous se doit d'être protégée. Je désire, avant tout, que les continents redeviennent les amis qu'ils étaient autrefois, du moins d'après les mythes ancestraux. Et cette paix intercontinentale, passe aussi par la préoccupation de notre propre condition. Et si nous n'y prenons pas garde, même avec la protection de mes hommes, nos villes pourraient connaître l'invasion de monstres autrefois repoussés par nos divines plantes. J'ai beau être jeune et sûrement moins érudit que vous dans la concoction d'élixir, mais je ne suis pas insensible à ce soleil menacé par les nuages. J'espère que mon insouciance parfois critiquée ne vous repoussera pas, car je sais où sont mes devoirs, et je compte les accomplir jusqu'au bout.
Merci d'avance, ami, de venir à la capitale, Alirya, pour que nous nous concertions plus profondément sur ces sujets.
Kira R. »


Un sourire, un vrai cette fois, éclaira son visage parcheminé. Enfin, elle avait un but, quelque chose à faire. Enfin elle allait sortir. Enfin elle allait se sentir utile. De plus, son chef avait songé à la même chose qu’elle, ils devraient donc bien s’entendre. Elle irait à Alirya, rencontrerait ce jeune homme, et ils s’entendraient sur une solution pour préserver ce cher continent, cette nature pour laquelle elle avait une si grande affection. Elle releva les yeux sur le messager. Il s’était assoupi, emporté par épuisement extrême. Faustÿn l’observa avec indulgence, puis s’assit à sa table de vieux chêne, saisit un parchemin, une grande plume noire, la trempa dans l’encre, et rédigea une courte réponse :
« Ô chef de Telluristia,
Je me permets de me présenter humblement à vous sous le nom de Kyyuolä Faustÿn. Je vous écrit simplement pour vous signifier que je suis d’accord en tous points avec vos observations, et qu’aussitôt cette missive envoyée, je me prépare à venir vous rendre visite.
Je vous présente mes plus humbles salutations.
Kyyuolä F. »



Après cela, elle posa sa plume, songeuse. Ce jour marquerait un tournant dans sa vie, c’était certain. Mais à quel point ? Jusqu’où cela modifierait son train de vie acquis depuis des millénaires ? Faustÿn ne pouvait encore le savoir avec précision, mais cela la remplissait à la fois de curiosité, de joie et d’appréhension. Puis elle prépara un breuvage réconfortant dans sa marmite de cuivre, y ajoutant quelques herbes revigorantes, et attendit patiemment que l’émissaire se réveille. Quelques heures plus tard, il ouvrit ses paupières, et s’excusa aussitôt, honteux de s’être ainsi laissé aller à la fatigue. L’Elémentaire le rassura, et lui tendit le breuvage, tandis qu’elle lui expliquait qu’elle avait écrit une réponse à Kira. Elle lui demandait d’aller le lui porter le plus vite possible, car elle-même avait fixé son départ d’ici un jour maximum. Il lui promit de faire vite, et elle s’excusa de ne pouvoir lui fournir d’élixir, mais elle n’en avait pas de prêt sous la main. Aussi elle ne put que lui souhaiter bon courage, de ne pas se faire attaquer par des monstres, et lui fournir de quoi se sustenter durant le trajet.
Il repartit rapidement, désireux de mener à bien sa mission et surtout de retrouver la civilisation. Aussitôt qu’elle referma la porte derrière lui, Faustÿn s’activa. Elle mit rapidement en ordre la petite cabane, rangeant ça et là quelques ingrédients, un bout de tissu qui traînait par terre, un morceau de parchemin oublié ; puis elle écrivit dans son grimoire la journée qui venait de se dérouler, et après mûre réflexion, décréta qu’il valait mieux le laisser ici, afin de ne pas risquer de le perdre. Elle n’emporterait que le strict nécessaire.
Son bâton de pin. Une cape de voyage, de couleur violine. De la nourriture. Quelques herbes. Le peu d’argent qu’elle possédait. Ah, et quelques élixirs de base.
Après un dernier regard englobant ce qui fut son lieu d’habitation depuis plusieurs milliers d’années, elle se dirigea vers la porte. La main sur la poignée branlante, elle marqua une hésitation. Recula. Pour mieux sortir. Sans un dernier regard, elle referma la porte dans son dos. La forêt l’appelait. Au-delà de celle-ci, un peuple avait besoin d’aide. La nature aussi. Sa nouvelle vie étant devant elle.

Elle s’enfonça dans les bois.

***
(en)FIN

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 18:36

¤¤ retombe de sa chaise ¤¤

C'est super mais y'a un truc qui me dérange, techniquement ton existence n'est pas censé être connue, sauf des Vulturyens... Je sais c'est dommage blablabla, mais bon c'est comme ça et pas autrement, si tu as de l'inspiration tu peux changer, mais si tu n'en a pas c'est pas grave, mais dans ce cas ce n'est pas à inclure dans le Rp, mais je suppose que tu veux commencer ton Rp à partir de ton Test Rp, je me trompe ?!

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 18:57

Hey nan là on en a parlé avec Ellya !
Elle a pas à recommencer U.U

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 19:03

J'ai pas dis qu'elle avait à recommencer, et qu'à dis Ellya ?

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 19:13

J'ai dit qu'elle était pas sencée être connue... Et là en fait, c'est sous forme d'élixirologue de "renommé" qu'elle est connue donc je pense ça passable étant donné que personne ne sait qui elle est réellement à part une bonne élixirologue isolé... Tant qu'il pense que c'est pas la même de génération en génération ça me va ^^
Et toi Narky ?

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 19:21

Aaaah d'accord okay, okay mais si on me dit rien à mooii, je peux pas deviner... Enfin ça me va !
Alors tu es au niveau 7 donc tu as 17 compétences à m'envoyer ! Bon courage !

Ps : tu as fini là j'espèreuuuuuuuuh !

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 19:56

Mdr Narkytya va mourir bientôt xD
t'inquiètes pas, elle a dit qu'elle était à la fin de son test RP
(encore heureux sinon on y serait tous passés...
... sauf Ellya qui adore ça =P)

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 20:19

Mwahahaha nan en fait c'est juste le prélude de mon test RP...

... quoi ça a fait rire personne ? XD Nan sérieusement, j'ai fini ! (pas trop tôt, me direz-vous... mais bon^^)

Bon ben je vais m'y mettre pour les compétences *motivée*

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MessageSujet: Re: Faustÿn Kyyuolä, Elémentaire de Tellurista   Jeu 20 Mar - 20:21

T'avais interêt sinon je venais te hanter chez toi après t'avoir tué !!!
Bon je déplace le sujet ! Et c'est à moi que tu envoie les compétences !!!

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